Saison hivernale : je renforce mon système immunitaire avec la naturopathie
Par Mélissa Moulin · Naturopathe
Pulls, manteaux, écharpes, chauffage, mouchoirs, nez qui coule, gorge qui gratte, la nuit qui tombe de plus en plus tôt... Un joli combo pour se sentir vite fatigué et abattu. Et si nous regardions les choses sous un autre angle ?
Nous savons, directement ou indirectement, que l'hiver met notre système immunitaire à rude épreuve. Nous voulons empêcher les maladies hivernales, ne pas ressentir la fatigue, voir plus le soleil : nous luttons contre ce qui est, à contre-courant de nous-mêmes et de la saison.
Et si, au lieu de "lutter contre", nous décidions de faire confiance à notre corps, aux saisons, à nos capacités d'autorégulation, aux savoirs de nos ancêtres, et commencions à agir avec notre corps plutôt que contre lui ?
Notre système immunitaire face au froid
Le froid est un stress important pour le corps et pour l'ensemble de nos métabolismes. L'organisme doit lutter en permanence pour maintenir une température interne d'environ 37°C, ce qui demande une adaptation constante.
Cette lutte permanente peut engendrer un affaiblissement des réserves en protéines, glucides, vitamines, minéraux et enzymes, ce qui se traduit par de la fatigue générale et des défenses naturelles moins efficaces face aux virus et bactéries de la saison. Ce combat contre le froid génère aussi des radicaux libres, des molécules instables qui accélèrent le vieillissement cellulaire, et que le corps doit à son tour neutraliser à l'aide de vitamines, d'oligo-éléments et d'enzymes : un vrai cercle qui s'auto-entretient.
Le système nerveux n'est pas épargné non plus : l'hiver peut être une période difficile pour certaines personnes, parfois qualifiée de "déprime saisonnière".
Le froid ralentit également les échanges cellulaires, ce qui peut entraîner un épuisement cellulaire sur le plan nutritif et respiratoire. Il fragilise aussi l'arbre respiratoire, ce qui laisse davantage de place aux agents pathogènes pour s'installer sur les muqueuses, d'autant plus quand le système immunitaire est lui-même affaibli par le stress.
L'hiver est enfin une période où notre alimentation est souvent moins riche en vitamines et minéraux, à la fois par manque de soleil et parce que nous consommons davantage d'aliments cuits, sans oublier les excès ponctuels de fêtes de fin d'année.
Le rôle du foie dans une immunité forte
En naturopathie, le foie est considéré comme un organe central de la vitalité, impliqué dans de très nombreuses fonctions de l'organisme. C'est aussi l'un des organes qui produit le plus de chaleur métabolique du corps, ce qui explique sa sensibilité particulière au froid.
Quand le foie est exposé au froid de façon prolongée, ses fonctions, notamment de filtration, peuvent se retrouver ralenties. En temps normal, les toxines circulant dans le corps sont filtrées par le foie puis évacuées sous forme de bile, qui joue elle-même un rôle dans la digestion des graisses et le bon transit intestinal.
En naturopathie, on considère que lorsque cette filtration hépatique se retrouve ralentie (par le froid, ou par des tensions émotionnelles non exprimées), l'organisme peut chercher d'autres voies d'évacuation, notamment respiratoires : c'est l'une des lectures naturopathiques des petits maux ORL de l'hiver. Cette vision, propre à la naturopathie, complète sans s'y substituer la compréhension médicale classique des infections hivernales.
« Le microbe n'est rien, le terrain est tout », une formule emblématique de la vision naturopathique du terrain, à prendre comme une invitation à prendre soin de son terrain plutôt que comme un fait scientifique établi.
Comment agir en prévention avec la naturopathie ?
Voyons ensemble les différentes pistes possibles : alimentation, oligo-éléments, vitamines, plantes.
Alimentation et système immunitaire
L'hiver est le moment où l'on augmente naturellement sa consommation d'aliments cuits, or la cuisson entraîne une perte en vitamines et oligo-éléments. Voici quelques pistes concrètes :
- Privilégiez une cuisson douce, à la vapeur
- Réduisez les corps gras cuits (huile chauffée, fromage, charcuterie)
- Choisissez des huiles vierges de première pression à froid, biologiques de préférence
- Réduisez les sucres et céréales raffinées, en préférant des versions semi-complètes
- Essayez ponctuellement une monodiète (ne consommer qu'un seul aliment, par exemple la pomme, lors d'un repas)
- Le bouillon de volaille ou de poule maison peut être un bon allié pour les voies respiratoires et le confort intestinal
- Consommez des aliments lacto-fermentés et des graines germées
- Intégrez des jus de légumes à votre routine
- Prenez le temps de bien mastiquer vos repas
Une flore intestinale équilibrée joue un rôle important dans le bon fonctionnement du système immunitaire.
Le zinc
Le zinc est un oligo-élément essentiel, le second le plus abondant dans l'organisme après le fer. Il contribue au fonctionnement normal du système immunitaire et à la protection des cellules contre le stress oxydatif. Il participe également à une fertilité normale et au maintien d'une peau normale. L'organisme n'ayant pas de réserve notable en zinc, un apport alimentaire régulier est important.
Sources : huîtres, foie de veau, bœuf, épaule d'agneau, crabe, langouste, germe de blé, graines de sésame, shiitakés, légumineuses cuites.
Le cuivre
Le cuivre est le 3ème oligo-élément essentiel le plus abondant après le fer et le zinc, principalement présent dans le foie. Il participe aux défenses naturelles de l'organisme, au fonctionnement du système immunitaire, et à la formation normale du collagène (peau, articulations).
Sources : céréales complètes, levure sèche, germe et son de blé, légumes verts, fruits de mer, foie, noix, prunes.
La vitamine D
La vitamine D contribue au fonctionnement normal du système immunitaire, ainsi qu'à l'absorption normale du calcium et du phosphore, au maintien d'une ossature normale et d'une fonction musculaire normale.
Pour les personnes en recherche d'une source végétale, le lichen constitue une alternative intéressante de vitamine D3, comparable à celle que l'on trouve dans les sources animales.
Sources : poissons gras (saumon, thon, hareng, sardines), foie de morue, œufs, abats.
La vitamine C
La vitamine C contribue à un métabolisme énergétique normal, à des fonctions psychologiques normales, et à réduire la fatigue. Elle participe à la formation normale du collagène (vaisseaux sanguins, os, cartilages, gencives, peau, dents) ainsi qu'au fonctionnement normal du système immunitaire et nerveux.
Sources : goyave, poivron, brocoli, chou de Bruxelles, chou frisé, citron, kiwi, orange, pamplemousse, litchi.
Trois plantes traditionnellement utilisées en hiver
Le cyprès
Le cyprès est un arbre originaire d'Europe orientale et d'Asie occidentale, très présent sur le pourtour méditerranéen. On utilise traditionnellement le galbule (noix de cyprès), riche en composés phénoliques (tanins, flavonoïdes) et en huiles essentielles à l'état de traces.
Le cyprès est traditionnellement utilisé en hiver pour son action sur le tissu conjonctif, et fait l'objet de recherches en laboratoire sur ses propriétés antivirales, sans que celles-ci ne constituent à ce jour un traitement reconnu des infections virales.
L'échinacée
Plante utilisée depuis longtemps en Amérique du Nord, puis introduite en Europe à la fin du 19ème siècle. Elle est traditionnellement utilisée en prévention des petits désagréments hivernaux à répétition (ORL, respiratoires), notamment en cure ponctuelle plutôt qu'en continu.
Le sureau
Son nom latin, Sambucus, fait référence aux petites flûtes que les bergers grecs taillaient dans son bois tendre. En Europe, on lui reconnaît traditionnellement des vertus diurétiques et antioxydantes. Fleurs et fruits servaient traditionnellement à préparer des boissons pour accompagner l'organisme après l'hiver.
Les huiles essentielles
Les huiles essentielles peuvent être de bonnes alliées en hiver. Elles s'utilisent toujours diluées dans un corps gras (huile végétale : olive, amande douce, argan, macadamia, jojoba...). Demandez l'avis de votre médecin ou pharmacien avant utilisation, en particulier en cas de grossesse, allaitement, ou pour un jeune enfant.
- Ravintsara : huile très polyvalente et bien tolérée, traditionnellement utilisée pour la sphère ORL. En massage sur les poignets ou le long de la colonne vertébrale.
- Tea tree : aux propriétés traditionnellement assainissantes. En diffusion, ou en massage sur les poignets (peut s'associer au ravintsara).
- Eucalyptus radié (voie ORL haute) et globulus (voie ORL basse) : à l'odeur fraîche, traditionnellement utilisées en diffusion, olfaction, ou en externe sur le thorax et à proximité des narines.
- Menthe poivrée : stimulante, traditionnellement utilisée par voie externe pour ses vertus rafraîchissantes. En massage sur les tempes, en olfaction ou diffusion.
D'autres huiles essentielles peuvent aussi être intéressantes : citron, thym, pin sylvestre, niaouli.
En résumé
Je positive : je profite de la saison hivernale pour me reposer, lire, profiter de mon canapé et de ma cheminée, prendre du temps pour moi, ou me mettre à un loisir manuel.
Mon corps a besoin de chaleur : tisanes, bouillottes, plaids et vêtements chauds sont les bienvenus.
Alimentation
- Aliments de saison, peu transformés
- Moins de sucres raffinés
- Jus de légumes, monodiètes ponctuelles
Oligo-éléments & vitamines
- Zinc, cuivre
- Vitamines D et C
Plantes
- Cyprès
- Échinacée
- Sureau
Au quotidien
- Repos et chaleur
- Temps pour soi
- Confiance en son corps
Envie d'un accompagnement pour cet hiver ?
Un bilan de naturopathie permet de cibler ce qui vous correspond vraiment.
Prendre rendez-vousSources : Les cahiers de la Santé Naturelle (Christian Brun) · Synthèse bibliographique du comité scientifique du laboratoire Nutergia · Campbell de biologie · LPEV · COPMED
