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Moulin Mélissa

Libre pensée

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Réflexion personnelle Libre pensée : reprendre le pouvoir sur son alimentation et sa santé Par Mélissa Moulin · Naturopathe « Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve une réalité » Je rêve d’un lieu où chacun serait libre de penser par lui-même, en toute égalité. Un endroit marqué par la joie, le partage et la justesse, où l’on aurait le droit d’arriver avec ses jugements, ses préjugés, ses pensées négatives, sans être renvoyé à ses conditionnements. Parce que nous sommes des êtres de pensée, mais aussi de ressenti, au-delà de l’éducation que nous avons reçue. Dans ce lieu idéal, ces émotions seraient entendues et pourraient s’exprimer de façon constructive, pour avancer sur le chemin de la compréhension de soi. On y trouverait aussi un espace dédié à l’information juste, celle qui aide à démêler le vrai du faux, à regarder une situation dans son ensemble plutôt qu’à travers un seul angle. J’imagine des ateliers pour se réapproprier de nouvelles habitudes, acquérir des outils concrets, dans un accompagnement sincère. Nous sommes éduqués pour agir d’une certaine façon, et les habitudes ont la vie dure, c’est normal. Mais tant que la tentation reste sous nos yeux, il est difficile d’en sortir. C’est en prenant du recul, en réalisant qu’il existe d’autres portes et que nous sommes libres de les ouvrir, que le changement devient possible. Ce lieu imaginaire proposerait tout ce dont on a besoin au quotidien : alimentation, produits ménagers, cosmétiques, vêtements. Un choix restreint, mais tourné vers des produits de qualité, réellement bons pour la santé. Pas le « bio marketing » ni les produits à effet de mode, simplement l’essentiel, le plus simple possible, ce qui nous fait vraiment du bien. Pourquoi cet article aujourd’hui ? Deux phrases reviennent souvent dans mes échanges, et j’avais envie d’y répondre ici. La première : « Du coup, tu soignes telle ou telle pathologie ? » La naturopathie n’a pas de démarche médicale, même en s’appuyant sur les plantes. Il ne s’agit pas de soigner, mais de vous donner des clés pour vous connaître, vous comprendre, et adapter un mode de vie qui vous correspond. C’est une démarche de prévention et de compréhension, pour se retrouver avec soi-même et s’accepter, dans la santé comme dans la maladie. C’est vous qui faites le travail, vous en êtes l’acteur ; le naturopathe vous aide simplement à prendre du recul et à voir la situation autrement. La seconde : « Bio ou pas bio, c’est pareil, de toute façon plus rien n’est vraiment bio aujourd’hui… » Je pense qu’il y a deux questions à distinguer ici. Bio ou non bio : une question mal posée La première question porte sur le mode de production : utilisation de pesticides et de produits chimiques pour maximiser les rendements, ou respect d’un mode de production plus ancestral. Avec les pollutions atmosphériques, les nanoparticules, les rejets automobiles, il est difficile de trouver un lieu sain à 100%, dépourvu de toute particule chimique. Mais est-ce une raison pour abandonner, et pour continuer des modes de production intensifs qui respectent peu la terre, les animaux et les populations ? L’industrialisation ne date que d’environ 1800 : l’espèce humaine, elle, a trouvé comment se nourrir bien avant cela. Rien n’est irréversible : on ne peut pas toujours revenir en arrière, mais le changement peut être positif. Produits ultra-transformés : apprendre à lire les étiquettes La seconde question porte sur la nature même des aliments : produits ultra-transformés, ou matières premières. Nos cellules ont besoin d’un « carburant » qui reste, autant que possible, sous une forme peu modifiée, venant directement de la terre, de l’arbre ou de la plante. C’est vrai, cuire des légumes à la vapeur prend plus de temps que de réchauffer une barquette au micro-ondes (moi aussi il m’arrive de céder à la facilité, je suis humaine). Mais au-delà du plaisir de cuisiner et de déguster, manger sert aussi à nourrir nos cellules et à permettre le bon fonctionnement de notre corps. Une bonne digestion favorise l’assimilation des vitamines, des minéraux, et de tout ce dont nos muscles et notre cerveau ont besoin. Prenons un exemple concret : un plat préparé à base de pâtes, légumes grillés à l’huile de tournesol, poulet en salaison avec stabilisants, tomate, huile d’olive, amidons transformés, arômes naturels, graisse de palme hydrogénée, sucre. Difficile de dire que ce plat nourrit vraiment nos cellules. Sans même parler du label bio ou non, on peut se questionner sur les conditions d’élevage du poulet, l’impact de la graisse de palme sur la déforestation, ou la forme sous laquelle se cache le sucre (raffiné, glucose, fructose, sucre de coco) dans un plat pourtant salé. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, et je comprends que ça puisse donner le vertige : à qui faire confiance, que manger, faut-il culpabiliser ? Je ne crois pas que la culpabilité soit productive. On fait ce qu’on peut, avec ce que l’on sait à l’instant T, et il est toujours possible d’ajuster son mode de vie, pas à pas, vers plus de sens pour soi. 🌿 Un réflexe simple : lisez les étiquettes, et demandez-vous si ce qui est écrit pourrait provenir directement de la terre ou d’un arbre, ou s’il vient d’un laboratoire. Attention cependant : derrière l’appellation « arômes naturels » peuvent se cacher des composants d’origine naturelle, mais fortement transformés. Se faire sa propre opinion Nous avons aujourd’hui accès à énormément d’information, et surtout à beaucoup de facilité. Mais qu’en est-il de la prise en main de sa propre vie ? Beaucoup d’informations circulent hors de leur contexte, et il me semble important d’aller comparer les sources par soi-même pour se forger sa propre opinion. C’est là, je crois, une utilisation vraiment utile d’internet : recouper les informations plutôt que de s’arrêter à la première lue. Regardez les auteurs, les sources, qui se cache derrière un article. Toute information mérite d’être questionnée, y compris celle qui nous arrange. Faites-vous confiance, à vous, à votre ressenti, et allez vers ce qui est réellement en